Mon Denier

Je m’appelle Don Antoine de Roquefeuil, prêtre depuis 2012, curé de la paroisse St Médard et administrateur de la paroisse St Sixte à Soissons. Je suis membre de la Communauté Saint Martin et très heureux dans mon sacerdoce.

👉 Dans quelles conditions étiez-vous confiné ?

Je rends grâce à Dieu pour les conditions dans lequel j’ai vécu ce confinement. Notre presbytère est spacieux et muni d’un jardin agréable. Nous avons été bénis pour le temps qui nous a permis de couper le chauffage dès le début du confinement et de bronzer lors de la promenade réglementaire ou de la lecture au soleil. Notre communauté est composée de trois jeunes prêtres, un diacre et un séminariste, tous jeunes et en bonne santé. Cette période a été l’occasion de renforcer nos liens fraternels puisque les deux prêtres étudiants n’avaient plus à nous quitter la moitié de la semaine pour Paris . 

Nous portions sur l’autel toutes les intentions de nos paroissiens et spécialement de ceux qui étaient les plus éprouvés en ce temps d’épidémie.

Le plus grand privilège de notre vocation sacerdotale en ce temps de confinement reste celui d’avoir pu célébrer quotidiennement le Saint Sacrifice de la Messe. Contrairement aux apparences, ces messes célébrées en huis-clos rassemblaient toute la paroisse dans la Communion des Saints. En effet, si nous étions pour une part privé d’un aspect de notre vocation qui consiste à parler de Dieu aux hommes, nous avons fidèlement continué à parler à Dieu des hommes. Nous portions sur l’autel toutes les intentions de nos paroissiens et spécialement de ceux qui étaient les plus éprouvés en ce temps d’épidémie. Nous avons ajouté à nos offices chantés, matin et soir, en grégorien, la récitation communautaire du chapelet pour demander à Notre Dame de protéger nos paroissiens des conséquences de l’épidémie, tant spirituelles que matérielles.

👉 Quelles initiatives avez-vous mises en place pour garder le lien avec vos fidèles ?

La plus grande frustration de ce temps de confinement était bien évidemment cette « distanciation sociale » imposée. Il nous a paru nécessaire de trouver des moyens de garder un lien visible avec nos paroissiens. Nous avons publié assez vite une vidéo pour les aider à « Prier en confinement » sur la page Facebook de nos paroisses. Nous avons ensuite, sur la pression de nos paroissiens, mis en place une diffusion en direct des messes dominicales. C’est ainsi que nous sommes devenus Youtubeurs ! Un « Tutoriel » pour vivre les Jours Saints chez soi a été rédigé pour aider les fidèles privés des offices de la Semaine sainte.

Loin de nous être convertis au tout numérique, nous avons aussi pris notre téléphone pour appeler principalement les personnes âgées souvent moins à l’aise avec l’Internet. Nous avons en outre tenu à appeler personnellement chacun des enfants qui devaient vivre un sacrement en mai ou juin. 

Nous avons publié assez vite une vidéo facebook pour aider à « Prier en confinement ». Nous avons ensuite, sur la pression de nos paroissiens, mis en place une diffusion en direct des messes dominicales. C’est ainsi que nous sommes devenus Youtubeurs !

Le diacre Don Jean s’est proposé volontaire pour la « Réserve civique face au COVID-19« . Comme aucune suite n’a été donnée à sa candidature, il a pu répondre favorablement à la demande de l’école de l’Enfant-Jésus de s’occuper des enfants de soignants. Quant à Augustin, le séminariste, il n’a pas économisé son énergie pour livrer un grand nombre de colis alimentaires dans le cadre de la Société Saint Vincent de Paul.

👉 Une chose que vous n’avez jamais le temps de faire et que vous avez pu réaliser  pendant le confinement ?

J’avais eu la curiosité, il y a quelques années, de regarder une vidéo expliquant comment faire des croissants. Le temps libre (surtout en soirée) offert par ce confinement m’a donné la possibilité de mettre la main à la pâte et de découvrir cet art complexe qu’est la viennoiserie ! Il m’a fallu un certain nombre d’essais pour obtenir la quintessence du croissant… Un pire souvenir ? Peut-être les kilos de beurre stockés sous la soutane, contrepartie pondérale de bons souvenirs !

Un pire souvenir ? Peut-être les kilos de beurre stockés sous la soutane, contrepartie pondérale de bons souvenirs !

Don Antoine de Roquefeuil.